Comme dans tous les métiers, il y a toujours des clichés. Quand vous annoncez à votre famille et vos amis ce que vous souhaitez faire plus tard, il y a toujours le blagueur de la famille, en général le père, l’oncle ou les grands-parents, ainsi que votre meilleur(e) ami(e) qui vous sortes deux ou trois clichés, et vous voilà condamner à les entendre durant le reste de vos études.
L’archéologie est loin d’échapper aux blagues, amenant des idées reçues que je vais briser, ou pas.
1. Archéologue = Indiana Jones et Lara Croft, soit action, trésors sacrés et recherches en solitaire
Le premier cliché, la toute première blague que l’on vous dit quand vous annoncez vouloir travailler dans l’archéologie. Être archéologue, c’est aller dans des contrées lointaines, chercher des trésors sacrés, et faire face aux méchants pilleurs qui ne veulent que voler ce trésor. Et bien sûr, on est tout seul, on a des relations qui nous aident parfois pour des informations, mais c’est tout. C’est vrai que si c’était comme ça, la vie des archéologues serait trépidante, pleine de risque, mais c’est faux.
Déjà, on ne vous amène pas une multitude de dossiers ou vous pouvez choisir ce qu’il vous plait. Lors d’une fouille, qu’elle soit programmée ou préventive (donc longue durée ou à durée limitée), il faut d’abord constituer un diagnostic valable qui puisses ensuite être validé par l’État. Dans le cas contraire, si l’État refuse, on recommence tout le dossier, et à contrario, si l’État le valide, alors la fouille est possible.
La solitude est également un mythe, puisqu’il faut toute une équipe pour fouiller un site : les techniciens de fouilles, le topographe, le photographe, le dessinateur, et le responsable d’opération. Parfois ce dernier dessine et prend les photos, mais dans tous les cas, archéologie et solitude sont deux choses impossibles à lier.
Les trésors sacrés sont très rares, on découvre parfois d’agréables surprises comme sur les sites de Vix, de Lavau, ou encore de Marquise, mais généralement, les trésors se résument aux trous de poteaux, aux fibules et à de la céramique brisée.
Les archéologues n’ont pas d’armes mais des truelles, ce qui fait nettement moins de dégât. Au pire, on a les bombes et les grenades des précédentes guerres mondiales que l’on peut déterrer, mais les pilleurs armés ne sont pas choses courantes dans le métier donc ce n’est pas nécessaire.
2. S’exercer à fouiller dans son jardin
Hahaha. La deuxième blague que l’on vous rabâche toujours quand vous êtes étudiant en archéologie : « T’a qu’à commencer par fouiller ton jardin! » la vanne qui fait rire jaune, parce qu’elle est trop dite, et surtout, parce que c’est illégal. Eh oui, si un matin en vous levant vous vous dites « Tiens j’irais bien voir ce que mon jardin peut renfermer comme trésor » (on ne sait jamais, s’il fait beau et que vous n’avez rien à faire) et bien vous devez demander la permission, car même si votre propriété vous appartient, les objets, eux, pas toujours. L’État récupère quasiment tout, et même si vous avez envie de demander à avoir des objets, sachez que vous ne choisirez pas les plus sympas dans certains cas, et qu’il faudra veiller à ce que les objets que vous décidez de garder soit en bon état de conservation, ça veut dire PRENDRE SOIN de l’objet, et de plus la conservation des objets est contrôlé et est difficile : bonne température de la pièce où est stocké l’objet, parfois pas trop de luminosité, faire attention au taux d’humidité.. Toujours envie de creuser dans le jardin ?
3. On vas chercher les os et on creuse des trous comme les chiens
La vanne la plus haïe, celle où on te compare à un toutou cherchant son os et creusant de multiples trous. Déjà, on ne creuse pas comme on veut, il y a différentes techniques de fouilles, mais la plus courante en France est de fouiller couche par couche. En gros, lorsque l’on commence à creuser, on voit différents niveaux de terres superposées, de différentes couleurs, et parfois composées de différents sols comme de la terre puis des graviers, voir même de l’argile. D’abord on divise le terrain en plusieurs carrés, puis on fouille carré par carré dans certains cas, mais toujours couche par couche, méthodiquement et progressivement, on ne fait pas un trou comme ça parce que cet endroit nous inspire. Chaque couche correspond à une période différente, allant de la plus récente vers la plus ancienne, et c’est pour cela qu’il est important de bien fouiller puisque sinon, nous ne pourrions pas savoir à quel période l’objet appartient, et dans le cas où l’on en trouve plusieurs, savoir quel objet est le plus ancien et lequel est le plus récent. Si ce dernier est déterré n’importe comment, il sera mit dans le bac « hors contexte » et ne serait plus utile pour le contexte des fouilles, et pour comprendre l’occupation du site fouillé. Nous sommes donc bien loin de nos amis les bêtes, même si en fouille fine, les archéologues travaillent à quatre pattes avec la truelle et la rasette.. Bon mais on creuse méthodiquement, nous!
4. Le pinceau, le seul et unique outil de l’archéologue
Ah celle là, qui ne l’a jamais entendu : archéologue = grande patience car il faut fouiller avec un pinceau. Les gens ne savent-ils pas qu’il y a d’autres outils qui existent sur terre et qui peuvent servir pour les fouilles ? La pioche est l’un des outils favoris des archéologues, avec la pelle, surtout sur les sites datant de l’Antiquité Tardive et le Moyen-Âge. La pelle mécanique est aussi utilisée dans certains cas. Il y a également la truelle, la rasette pour la fouille fine. Bon et dans des cas extrêmes, on peut utiliser les instruments de dentistes, les cures-dents… Mais il n’y a pas que le pinceau!
5. Le détecteur de métaux, l’outil pour s’exercer
Évidemment, après avoir répondu qu’on ne peut pas fouiller dans le jardin, on vous parle directement de détecteur de métaux. Tout d’abord, prendre son détecteur de métaux dans le but de trouver des objets archéologiques, c’est ILLÉGAL. Comme j’ai dis précédemment, on ne peut pas fouiller comme ça quand on en a envie, l’archéologie est devenue, et continue encore à être codifiée depuis les années 2000, notamment avec le code du patrimoine, ou tout un livre y est dédié aux lois archéologiques (le livre V). Si la police vous prend à faire de la fouille avec votre détecteur de métaux (toujours dans le but de découvrir des objets archéologiques), vous risquez une très belle amende, et une condamnation exemplaire, de quoi vous passer l’envie d’investir dans un détecteur.
6. L’archéologie se résume aux fouilles
Contrairement à ce que l’on peut croire, l’archéologie ce n’est pas juste déterrer. Il y a énormément de métiers qui entrent dans le domaine de l’archéologie : chercheurs, responsable d’opération, conservateur en archéologie, dessinateur, topographe, on peut aussi être derrière un ordinateur à retoucher les photos, faire des plans des sites et des couches, reporter les informations issues du site, ou on peut aussi être dans le scientifique, comme déterminer la datation des objets grâce au carbone 14, à la thermoluminescence, et étudier les pollens et graminées présents dans certaines couches, voir même de la fouille sous-marine, bref, un large choix de métiers!
7. L’archéologie c’est ennuyeux
Loin de là ! Bon je ne vous garantis pas que c’est l’éclate totale pour toutes les périodes, mais il y a forcément une période qui nous a tous toujours intéressé, et pour laquelle on s’est renseigné un peu plus que les autres, espérant qu’au Bac en histoire, on tombe dessus pour en mettre plein la vue au correcteur. En archéologie, on étudie toutes sortes de choses, de périodes, d’anecdotes, on découvre diverses civilisations, à travers leurs moments historiques, mais surtout à travers leurs vie quotidiennes. On y apprend alors leurs croyances, leurs manières de vivre et de penser qui peut être totalement différente de la nôtre, on cherche à comprendre sans cesse, et surtout, on aime faire savoir à tout le monde ce que l’on à découvert, permettant ainsi aux curieux de pouvoir apprendre d’avantage sur nos ancêtres (par pitié ne sous-entendez pas les gaulois, c’est FAUX!).